mercredi 16 mai 2012

Lassitude

Ne plus avoir le goût. Perdre les sensations. Oublier le désir, l'envie. Le plaisir !

Alors, on regarde autour de soi, on cherche un appui, une épaule compatissante, un regard encourageant, un sourire franc. 
On respire bien fort, on cherche au plus profond de soi-même le petit quelque chose, le soupçon de certitude –vraie fausse certitude– enseveli sous des tonnes de doute.
Et puis ... on le fait !
Et ça fonctionne, un peu ou beaucoup. Mais pas toujours passionnément
Plutôt, on dirait que ça fonctionne comme par habitude, comme par routine.
NOOOOOOON ! 

Pas de routine, pas de sentier tout tracé, de voie large ouverte. 
Mais des chemins de traverses,
des labyrinthes mystérieux,
des impasses obscures,
des ponts infranchissables,
des précipices insondables,
des aires de repos isolées au milieu de nulle part où on se retrouve seul et haletant,
tous ces obstacles qui forcent à avancer, à faire sa voie, à creuser le sillon, ni droit ni profond, parfois imperceptible, ou même invisible, souvent pénible et résistant, creuser jusqu'à ... demain.
Mais le retour en arrière est autorisé, le droit de se tromper, le droit de prendre son temps pour choisir, le droit d'hésiter, et même ... le droit d'attendre, de demander conseil, de crier à l'aide. 
Le droit au doute, au soupçon de doute enseveli sous des tonnes de certitude.

En route !
Le chemin sous les pieds, un pas après l'autre, un Nième pas après tous les autres.



mardi 24 avril 2012

Prière bohémienne, en hommage à Félix


À tous les bohémiens, les bohémiennes de ma rue
Qui sont pas musiciens, ni comédiens, ni clowns
Ni danseurs, ni chanteurs, ni voyageurs, ni rien
Qui vont chaque matin, bravement, proprement
Dans leur petit manteau sous leur petit chapeau

Gagner en employés le pain quotidien

Qui sourient aux voisins sans en avoir envie
Qui ont pris le parti d’espérer
Sans jamais voir de l’or dans l’aube ou dans leur poche
Les braves bohémiens, sans roulotte, ni chien
Silencieux fonctionnaires aux yeux fatigués

J’apporte les hommages émus

Les espoirs des villes inconnues
L’entrée au paradis perdu
Par des continents jamais vus
Ce sont eux qui sont les plus forts
Qui emportent tout dans la mort

Devant ces bohémiens, ces bohémiennes de ma rue

Qui n’ont plus que la nuit pour partir
Sur les navires bleus de leur jeunesse enfuie
Glorieux oubliés, talents abandonnés
Comme des sacs tombés au bord des grands chemins

Qui se lèvent le main cruellement heureux

D’avoir à traverser des journées
Ensoleillées, usées, où rien n’arrivera que d’autres embarras
Que d’autres déceptions tout au long des saisons

J’ai le chapeau bas à la main

Devant mes frères bohémiens.