vendredi 5 septembre 2008

La rentrée

Une vague de dépression atteint le rivage de mon esprit.
Le flux et le reflux perturbent la vision de mes pensées.

Idée géniale ? Inspiration noire ?
Rêve ET cauchemar !

Je regrette ce que je viens de faire la seconde passée.
J'envie ce que je ne vais pas faire la seconde suivante.
Une bouffée d'optimisme me fait rêver à …
Un relent de pessimisme me fait NE PAS agir.

Je n'ai pas envie de me lever le matin.
Les idées se bousculent lorsque je sors de mon lit.
Je me reproche de n'avoir rien fait aujourd'hui, parce que je me suis réveillé tard.
Les regrets s'accumulent lorsque je me couche … seul.

lundi 23 juin 2008

Le silence des arbres

Il n'y a pas si longtemps, j'ai raconté Le Silence des arbres, de K.T. Hao aussi bien à des enfants qu'à des adultes. Et aujourd'hui, loin, si loin, en parcourant un petit bout de Monde, j'ai rencontré un arbre étrange. Avec ses yeux, il voit les beautés qui l'entoure, il n'a pas d'oreilles pour entendre la musique du monde, mais il a une bouche pour ... parler ?

samedi 14 juin 2008

Lire ou écrire



Monsieur l'écrivain célèbre et reconnu,

monsieur l'écrivain talentueux et publié,
accepteriez-vous de lire un extrait de votre roman devant le micro, la caméra, le public ?




Hola ! surtout pas ! à moins que l'écrivain sus-référencé soit comédien, ou conteur !
Car pourquoi un écrivain, même un des meilleurs, saurait-il lire ? Je veux dire lire à voix haute, posément, clairement, son texte. En plus, saura-t-il captiver un public oralement ?

Parce que c'est SON texte ?
Oui, mais lorsqu'il l'a écrit, il était dans un état de sensibilité extrêmement particulier, une transe créative forte, mais passagère, à durée déterminée. Ce qui n'est sûrement plus le cas si longtemps après, après les affres de la correction, relecture, recherche d'éditeur, etc etc. Et là maintenant devant "le monde", il est bien incapable de retrouver cet état d'esprit. Donc, tout ce qu'il a mis dans son texte, qui venait du plus profond de lui-même, n'est certainement plus aussi présent.
Et puis, le cadre est différent, stressant, nouveau.
Pourquoi les parleurs, lecteurs, diseurs, prennent-ils le temps de travailler leur discours ? De répéter les histoires ? Et un écrivain, sous prétexte que son roman est bon, n'en aurait pas besoin ?

Lire ou écrire, il faut choisir. Et sont-ils nombreux ceux qui peuvent faire les deux avec brio ?

samedi 17 mai 2008

Classe verte en Haute-Savoie

La conteuse nous avait prévenus : le lieu est magique, un autre monde à 20 km du lac Léman.

Et là, tapis autour des chemins, au plus profond des grands bois,

le Géant Jardinier, créateur des montagnes et des lacs,
la fée Parisette qui n'aime pas la foret et rêve d'habiter une grande ville pleine de fumée, de déchets et de pollution,
les fées du matin qui se lavent dans la rosée recueillie par les plantes et gardent ainsi leur éternelle jeunesse,
les oiseaux qui questionnent la rivière sur son grand voyage jusqu'à la mer,
le petit poisson du lac qui mangea tellement qu'il cacha le soleil.


Et puis dans le Grand Pré, transformée en cour de récréation, cinquante petits elfes, fées et lutins qui s'ébattent à grand bruit, qui turbulent et qui virevoltent.
Qui s'éparpillent lors du départ au travail, je veux dire du départ aux ateliers nature.
Qui trainent les pieds, épuisés comme les nains sortant de la mine, lorqu'ils reviennent au chalet.
Pour se transformer en cinquante ogres affamés et dévorants qui font vibrer le Grand Réfectoire.
Qui hurlent, piaillent, rient, mais pleurent aussi parfois.
Qui traversent en tous sens le dortoir, déguisés en tounu, une espèce peu connue du petit peuple.
Mais ...
Qui réclament les calins de leur maman dès la tombée de la nuit.
Qui s'inquiètent si on ferme trop la porte pour la nuit, qui réclament de voir la Petite Lumière.
Et qui s'écroulent finalement dans un sommeil sans cauchemar, puisqu'une tige de pissenlit –dent de lion- est glissée sous l'oreiller.


vendredi 25 avril 2008

Just do it !

Avez-vous un projet ?

Je veux dire un vrai projet, qui vous prend la tête, et le coeur, et les tripes, alouette !
Un projet fou, qui fait hurler vos parents.
Un projet ambitieux, qui fait peur à vos amis.
Un projet qui rompt avec ce que vous avez toujours fait, pensé, réalisé.
Un projet qui révolutionne votre façon d'agir, votre vie quotidienne, votre raison d'être.
Un projet au-delà de votre imagination.

Un projet tellement ... différent, que vous n'osez pas avancer trop vite.
Que vous y allez à pas de loup, à petit pas, presque à reculons, de peur que …

Et quand vous vous croyez prêt -enfin-,
vous attendez,

vous tergiversez,

vous hésitez,

vous retardez,

vous procrastinez.
Bref, vous gémissez sur votre sort,
alors que vous détenez la baguette magique,

une occasion unique de changer votre monde.


Et vous plongez -encore- dans des abimes d'incertitude.


P$%#&@ de vous !!!

Qui donc va vous botter les fesses ?

Qui donc va vous précipiter dans l'inconnu ?

Dans le vide?

Qui donc va vous libérer ?

Qui donc va vous forcer à ... réussir ?

Cessez donc de vous morfondre dans le conditionnel passé ou le futur antérieur.
L'avenir commence demain,
au saut du lit.


"Il ne suffit pas de regarder en haut des escaliers, il faut se mettre à monter les marches."

dimanche 16 mars 2008

Ainsi parla Z.

Il y a un certain nombre d'années, alors que j'étais étudiant, je partageais un appart avec un coloc féru de musique classique ... et aussi de cuisine. Si son attrait pour ce type de musique n'était absolument pas gênant, celui pour la cuisine était tout simplement passionnant ! Mais je m'égare.
Par une soirée studieuse, et sans doute maussade, -ceci explique cela-, alors que j'étais seul, je me décidais à écouter quelques-unes de ses œuvres classiques, dont je ne connaissais absolument rien.
Tout en travaillant, je mis donc quelques-uns des vinyls 33 tours de mon coloc sur la platine. Le dernier fut le célèbre "Ainsi parlait Zarathoustra", de Richard Strauss, tiré du livre de Nietzsche –ça c'était écrit sur la pochette-.
Ce fut alors le retour du coloc.
Me voyant travailler aux sons de ce merveilleux poème symphonique, il se figea d'indignation, puis stoppa net le disque, et devant mon regard éberlué, se fâcha tout net. Si, si !
Il se lança dans une explication très technique, et certainement très intéressante, sur ce que j'étais en train d'écouter, et surtout le contexte dans lequel je le faisais. Dans un premier temps, il me reprocha mon manque de recueillement et de concentration à l'écoute de cette œuvre sublime. Cela devait être écouté SANS AUTRE DISTRACTION–je me rappelle encore les majuscules- .
Puis il m'expliqua la complémentarité entre le concept et la musique, le rendu par la musique de la pensée du surhomme, la splendide superficialité de l'art de Strauss, la dichotomie entre la nature et l'esprit, …
Désolé, mais je n'ai pas tout retenu et j'ai du effectué quelques recherches pour me rappeler tout cela. Bien sûr, c'est sans doute dommage. Mais à l'époque, je n'eus pas honte -et maintenant pas plus d'ailleurs- d'avoir écouté cela SIMPLEMENT et d'avoir trouvé cela beau. Bref d'avoir aimé tout simplement. Tout l'arrière-plan littéraire, la structure musicale, m'étaient et me sont encore parfaitement inconnus, et même incompréhensibles. Mais j'avais aimé la musique.
Quel besoin avais-je d'analyser, de philosopher longuement sur le pourquoi et le comment, pour apprécier ?
Lorsque j'écoute un morceau de musique, pas seulement classique, lorsque j'observe une peinture, lorsque je lis un texte, lorsque j'assiste à un spectacle, je peux tout à fait être conquis, ravi, enchanté, emballé, admiratif, sublimé, sans pour autant avoir le goût et l'envie de décortiquer, d'expliquer, de disséquer, d'analyser, de théoriser, même de commenter.

Sans doute cette anecdote fut-elle partiellement responsable de ma toujours complète ignorance en matière de ... musique classique ?

dimanche 10 février 2008

Ephémère

Passerelle du Palais de Justice, Lyon


Au milieu de la passerelle, nous sommes penchés sur l'eau.
Étincelante.
Le reflet reprend vie à chaque soupir du vent.
Lorsque l'onde s'apaise, ils sont jeunes, ils sont beaux.
Puis ils s'écoulent au fil du fleuve.
Au fil du temps.
Ils sont passés.
Jusqu'au prochain souffle.

jeudi 31 janvier 2008

Le conteur

Alors c'est vous le conteur ?

Eh bien, je ne vous voyais pas du tout comme ça.
Je voyais un monsieur très agé.
Vraiment vieux, si vous voyez ce que je veux dire.
Tout ridé, plutôt sec.
Le regard impénétrable, le sourire énigmatique !
Une grande barbe grise et broussailleuse.
Un long manteau usagé, marqué par les intempéries.
Un large chapeau noir, défraichi, impressionnant.
Un gros baton, au bois noueux et poli par le temps.
Et un sac de cuir, plein de … comme le votre, d'ailleurs !
Bon, ben, prenez place, l'important ce sont les histoires, pas vrai ? Oh moi, je ne reste pas ! Les contes c'est surtout pour les enfants !


Alors, je pénétrai dans la bibliothèque.
Je m'agenouillai face au demi-cercle des enfants.
J'extirpai de mon sac brindilles et morceaux de bois que j'avais ramassés sur le chemin.
Je positionnai tout cela avec soin devant moi.
Je sortis la boite d'allumettes de la poche de ma chemise.
Et j'allumai le feu sur la moquette qui recouvrait le plancher de la salle.
Une belle flambée qui s'embrasa rapidement, illuminant la bibliothèque.

Une belle flambée comme il faut,
pour raconter de belles histoires,
des histoires du soir, au coin du feu !

samedi 5 janvier 2008

Les JO de Pékin, ou pas ?

La flamme olympique partira de la place Tian'anmen

Je me suis longtemps demandé si ce serait "marrant" de réagir à l'actu, de commenter même "à chaud" les événements de notre vaste monde.
Et ma réponse est en général
-- Non, ce n'est pas mon but, ni mon envie réelle.

Mais parfois, est-ce qu'il n'est pas bon de se lacher un peu ?


vendredi 7 décembre 2007

Communi-cons !

Nous vivons une grande époque de communication. Incontestablement.
On s'écrit, on s'échange des fichiers, des photos, des vidéos, des musiques par Internet.
On se parle, on se voit, on se regarde par Internet.
On vit les uns à côté des autres.
Est-ce qu'on n'en oublie pas un peu de regarder la planète, le monde autour de nous ?

On e-maile, on essemesse, on emmessenne, on skype, on blogue, on podcaste, et les infos sont si nombreuses qu'on est débordé, déformé, déboussolé, mais pas déconnecté.
Finis la télé, la radio, les journaux qui ne vont pas assez vite. A quand l'heure unique ?

Ah mais savez-vous qu'il y a encore des irresponsables qui ne répondent pas aux emails !!!
Si, si !

Bon, c'est pas tout ça, j'ai mon "gratuit" du matin à lire !

mercredi 3 octobre 2007

Jodie Foster

Parfois, je rêve d’accomplir un exploit

- combattre un dragon maléfique,
- écrire un poème sublime,
- inventer la machine à descendre le temps,
- sauver Jodie Foster d’une mort atroce,
- résoudre le problème de la quadrature du cercle,
- comprendre le monde.

Parfois, je rêve d’une action extraordinaire
Action qui ferait de moi un héros.
Héros d’une belle histoire, héros de MON histoire.
Histoire que je pourrais conter.

Parfois, je rêve de vivre un peu plus longtemps, de ne jamais mourir.

lundi 3 septembre 2007

A propos de conte.

"Il était une fois …"

A peine avais-je commencé à conter mon histoire qu'un petit garçon se leva, le doigt tendu en l'air pour poser une question.
-- Oui, hum… tu as une question ?
-- Oui, Monsieur. Ce que vous allez nous raconter, c'est un conte
-- Tout à fait, un conte.
-- Vous voulez bien dire un de ces récits complêtement fictifs, issus de la tradition populaire ou de notre mémoire collective.

Je jetai un coup d'œil vers la maitresse, qui m'adressa un sourire imperturbable.
-- Et bien … en quelque sorte … c'est exact, oui.
-- Mais quoique entièrement imaginé, cette histoire reste bien morale et parfois même didactique, n'est-ce pas ?
-- ...
-- Je veux dire que nous devons le prendre à la fois comme un divertissement et un apprentissage de la vie.
-- Eh bien, voilà ! Tu as raison.

Et je pus -enfin- raconter mon histoire, jusqu'au bout, sans être interrompu à nouveau. Devant les élèves dont les yeux écarquillés et la bouche béante me firent oublier l'intermède du début.

"Ils vécurent heureux ensemble, et quand l'adversité se présenta, il surent y faire face avec courage!"

Les enfants restèrent silencieux un court instant, puis encouragés par la maitresse se permirent quelques applaudissements vigoureux. Ils se levèrent ensuite pour quitter la salle de classe.

Le garçon du début passa devant moi, s'arréta avec le même sourire d'admiration que tous les autres et me dit :
-- Vous racontez divinement bien…
-- Euh , c'est gentil, merci.
-- Mais avouez, Monsieur, que la structure narrative de votre récit est sémantiquement très éloignée des règles de Propp ou même de la sémiotique actansielle de Greimas. Non ?"


lundi 20 août 2007

Etiquette

L'étiquette a été collée un peu par hasard, il y a si longtemps ; et maintenant elle s'est incrustée à ma peau, à ma carrière, à ma vie. Et les lettres semblent indélébiles, inaltérables !
Je suis
"ingénieur, informaticien, scientifique, diplômé, expérimenté".
Pourtant, le choix du début, il y a si longtemps, à la sortie de l'adolescence, paraissait aléatoire, un choix établi entre des critères si ténus, si mouvants (bon élève, ou manuel, ou fort en math, etc), un choix parmi tant de possibles connus et inconnus.
Aujourd'hui, j'aimerais être
"écrivain, conteur, littéraire, autodidacte, publié".

Alors, ne vous fiez pas à l'étiquette, ne la lisez pas trop attentivement, vous n'êtes pas sûrs de trouver à l'intérieur ce qui est inscrit en grosses lettres dessus !

mercredi 13 juin 2007

Conteur

Je conte pour du beurre !
Eh oui, il semble y avoir une VRAIE barrière entre amateur et professionnel. Le fric, le statut, la reconnaissance, la qualité ? ou que sais-je d'autre ?
Pourtant, ce sont souvent-parfois- les conteurs amateurs qui vont faire découvrir au public les professionnels. Et lui donner envie de se bouger pour aller voir un spectacle de contes. Uun vrai spectacle, car il n'est pas faux que la qualité d'un spectacle est différente, mais la préparation aussi, les subventions aussi, la publicité aussi, le regard des organisateurs aussi, et le temps à le préparer aussi.

Un conteur (pro) disait "il arrive qu'un conteur amateur m'émeuve". Il voulait dire "autant qu'un artiste professionnel peut le faire" sans doute. Oui et alors ? Que fait alors le pro pour l'amateur émouvant ? Il le prend comme élève ? Il lui dit comment le métier est difficile et tente de le décourager ? Il aide la vocation et devient un véritable "passeur" ?

Bon, je continue d'amateuriser dans le conte et ... dans mes rêves !

dimanche 3 juin 2007

Ecrire

Depuis que j'écris me hante la question clef, question piège : pourquoi ?
Pour être publié, édité peut-être, en tout cas pour être lu certainement. Mais j'ai découvert aussi le grand plaisir d'être lu à voix haute, devant un vrai public, pas nombreux certes mais attentif ; lu, et donc dit par un pro de la lecture, un pro du conte, un pro du spectacle.
N'est-ce pas finalement un de mes buts ? Sans doute pas si ambitieux que la gloire littéraire et reconnue par ... par qui en fait ?
Ecrire des textes pour un conteur, ou un comédien, bref un diseur professionnel !

Bon, le chemin n'en est pas plus facile que celui qui mène à toutes ces maisons d'éditions innaccessibles, la "gloire" n'en est pas plus, ou moins, éphémère, mais l'échange en est certainement plus profond, plus direct, plus poignant. Interaction directe avec le public, quoi ! Ce qui n'est pas évident pour l'écrivain, et peut-être pas souhaité d'ailleurs -eh oui, l'écrivain est solitaire, c'est bien connu !!!-.

Bon ben, avis aux amateurs ? (enfin aux amateurs professionnels)